B comme Burkina

B comme Brakina, la bière nationale du Burkina Faso.

U comme unité, progrès, justice, la devise du pays. Dans un pays où coexistent une soixantaine d’ethnies différentes avec presqu’autant de langues parlées, c’est du boulot!

R comme revenir…

K comme Kombat de Faso Kombat, un excellent groupe de hip-hop burkinabé.

I comme intègres puisque littéralement, le Burkina Faso est le “pays des hommes intègres”.

N comme nature : brousse, désert et dunes, forêts, collines, pics rocheux, cascades… On trouve presque tout au Burkina (sauf la mer, dommage pour les pêcheurs de cauries).

A comme arrivée dans “Bonne arrivée”, toujours agréable à entendre quand on débarque quelque part!

F comme fruits : mangues, papaye, mais aussi weda, fruit de karité, oranges…

A comme authentique : les marchés, les vêtements, les traditions le sont encore ici.

S comme sumbala, le bouillon maggie du Burkina qui accompagne absolument toutes les sauces.

O comme “Oo” : on le place à la fin des phrases. “Burkina oo!”. Il me semble qu’on l’entend aussi beaucoup en Côte d’Ivoire.

Les mystères de l’Afrique

Ouaga 2000

Le mystère dévoilé : service des visas : sous l’acacia à droite.

Ouagadougou, Burkina Faso

Le mystère dévoilé : il est sympa, non, le crocodile à roulettes?

Trame d'accueil, Ouagadougou

Le mystère dévoilé : remplissez d’abord le formulaire, ajoutez un timbre fiscal et faites tamponner le tout par l’autorité compétente.

Au bord de la route, Ouaga 2000

Le mystère dévoilé : attention, ne pas les écraser!

Cotonou, Bénin

Le mystère dévoilée : heu…quelqu’un veut proposer une interprétation pour celui-ci?

Autour du SIAO, Ouagadougou

Le mystère dévoilé : dormez tranquilles!

3 fruits de saison burkinabé

L’arachide : ainsi est nommée en Afrique la cacahouète. Botaniquement parlant, c’est une graine et non un fruit. Nous avons l’habitude de la manger grillée et salée, mais ici on peut la trouver fraîche! Dans ce cas, on la mange crue (elle a un goût de petit pois cru pour ceux qui ont ramassé les petits pois dans le jardin de grand-mère) ou bien bouillie dans sa coque.

Le fruit du karité : bien sûr, on fabrique le beurre avec son amande, mais le fruit se consomme aussi. Il faut attendre 15 ans pour qu’un arbre à karité donne des fruits. Ils sont verts, ovoïdes et leur goût me fait penser à celui de la nèfle.

Le fruit de liane : en mooré, on l’appelle weda. On ouvre le fruit et à l’intérieur, on trouve de petites boules jaunes orangés à la chaire filandreuse et très juteuse avec de gros noyaux. Une boisson est préparée, que l’on sucre beaucoup car c’est très acide.

 

Un jour à Tiébélé

A 180 km de Ouagadougou, en direction du Ghana, on trouve la ville de Tiébélé. Le détour en vaut la peine, c’est ici que vous trouverez les cases décorées des Kasséna, de l’éthnie Gourounsie.

Chaque année, les femmes décorent les maisons avec des motifs symboliques pour protéger les maisons (dans la tradition animiste). Par exemple, le lézard est considéré comme le premier occupant de la maison et sa présence indique que la maison est saine. Par conséquent, personne n’emménagera dans une case qui n’aurait pas été d’abord visitée par un lézard. Si aucun ne se présente, on va voir un féticheur qui conseillera un sacrifice.

Vue de l'intérieur

L’entrée des maisons est très (très) basse, et un “rempart” situé juste au devant en rend l’accès particulièrement difficile. Auparavant, c’était un moyen de protéger les familles contre des guerriers d’autres ethnies ou même les bêtes sauvages. Le chef de famille se tenait sur le côté et pendant que l’intrus courbé en deux tentait de se faufiler à l’intérieur, il n’avait plus qu’à lui fracasser la tête.

Motif caurie

Les murs sont très épais, et l’intérieur conserve la fraîcheur, contrairement aux constructions actuelles dont les toits en tôles ondulées font des cases de véritables saunas pendant la saison chaude (les températures pouvant grimper jusqu’à 50°).

Les pigments utilisés sont tous naturels :

- le rouge provient de la latérite, cette roche rouge qui constitue le sol burkinabé.

- le blanc vient du kaolin

- le noir de roches volcaniques.

Grenier

La cuisine

Quels souvenirs rapporter du Burkina Faso?

L’article est d’actualité : je prépare mes bagages pour quitter Ouagadougou samedi! Les 10 mois au Burkina touchent à leur fin, déjà. Avant de me mettre à pleurer, voici quelques idées de cadeaux plus ou moins originaux à ramener du pays des hommes intègres.

  • du miel de la Comoe ou de Gourma : le premier est foncé et a un goût très prononcé. Ils sont en tout cas d’une efficacité redoutable contre les angines.
  • un jeu awalé (adjito) : on le trouve sur les 5 continents. Les règles sont très simples, et on ne s’en lasse pas. Les graines du Caesalpinia bonduc servent aussi au Bénin dans l’oracle Fa (le féticheur entend la voix des esprits à travers eux).

L'adjito et ses graines

  • du beurre de karité : en ce moment c’est la saison des fruits (délicieux quand ils sont blets, un peu comme les nèfles dont le goût est très proche). A utiliser en crème pour le corps, les cheveux, les lèvres, ou dans les narines quand souffle l’Harmattan.
  • un collier en cauries : ce sont ces petits coquillages blancs qui servaient de monnaie en Afrique.

collier de cauries sur teinture en indigo

  • un pagne du 8 mars, journée de la femme : avec un slogan imprimé.
  • du soumbala : boules fabriquées avec des graines de néré. L’odeur est très très forte et ne plait pas à tout le monde. Le soumbala est le bouillon maggie national. On le cuit avec le riz, la sauce du tô, les soupes,…
  • un baobab en bronze : le bronze est un artisanat traditionnel en Afrique, les forgerons fabriquaient autrefois des objets usuels, de parure ou de chasse. Aujourd’hui, ils fabriquent des objets de décoration, silhouettes, ou bien mon préféré le baobab.
  • un masque africain : ils sont utilisés souvent pour figurer les esprits des morts lors des fêtes funéraires.

masques en pays dogon

  • un bogolan : tissus peint avec des couleurs naturels (écorces, feuilles,…). Il vaut mieux l’acheter au Mali (Djenné est la ville du Bogolan)

bogoloans à Djenné

  • un tissu teinté à l’indigo : au Mali également, chez les Dogons
  • un batik : la technique du batik a été importé avec la colonisation. On entrouve de très originaux avec des scènes de vie (femmes pilant le mil, berger peul, …)
  • un chapeau peul orné de lanières de cuir colorées.
  • un sac ou une pochette en sachets plastique recyclé : les associations GAFREH et Filles du facteur font travailler les femmes du Burkina Faso pour leur permettre un complément de revenus, mais aussi de financer des actions solidaires et de recycler les déchets plastiques puisqu’ici il n’existe pas de ramassage ou de tri des ordures.

Pochette des Filles du facteur

Sac Gafreh

Brèves de maquis

- Coca, vous voulez petit ou grand?

- petit.

- Y’a pas petit.

***

- Il y a quoi à manger?

- Il reste que poulet.

- Ah bon, il n’y a pas poisson, petits pois, spaghettis…?

- si, il y a.

- Donc, il y a poisson, poulet, petits pois et spaghettis?

- Non poulet, là, c’est fini!

***

- Fanta, il y a la grande bouteille, mais sprite, c’est seulement la petite bouteille.

- D’accord.

Arrivent un petit fanta et un grand sprite.

La parenté à plaisanterie

- Arrête de manger comme ça, là, tu me dégoutes! Vraiment tu es trop gros! Comment  elle fait ta femme pour supporter que tu sois gros comme ça, là, vraiment ça ne se fait pas! On devrait t’interdire, tiens…

- Ah oui, mais moi je suis gros parce que j’ai l’argent! C’est signe de réussite, je suis pas tout maigre là comme ça, comme un mendiant! Tu fais pitié, vraiment…

Vous pensez que cet affrontement verbal est en train de dégénérer et que les deux interlocuteurs vont, si ce n’est déjà fait , en venir aux mains?

Détrompez-vous, c’est dans des grands éclats de rire et sourires que se déroule cet échange. La parenté à plaisanterie permet tout, et surtout rire ensemble, tout en s’insultant allègrement. Traditionnellement, la parenté à plaisanterie s’exerce entre deux familles, ou entre deux ethnies. C’est un formidable exutoire à la haine et à la jalousie basé sur l’humour et le trait d’esprit. La première fois que j’y ai assisté, je suis resté quelques secondes sans souffle, à ricaner nerveusement… Mais une fois qu’on s’y est habitué, quel spectacle!

Différentes études sociologiques appuient l’idée que la parenté à plaisanterie constitue un rempart aux conflits ethniques au Burkina Faso : “La stabilité sociale est jusqu’ici une réalité unanimement constatée et reconnue au Burkina Faso comparativement à d’autres points de l’Afrique où les guerres ethniques emportent des milliers de vies humaines. On l’impute moins à l’action politique qu’à la force d’institutions traditionnelles comme l’alliance et la parenté à plaisanterie ” Alain Joseph Sissao, sociologue Burkinabé, chercheur à l’Institut des Sciences des Sociétés, Ouagadougou.

Merci Wiki

3 photographes africains en 3 lignes et 3 photos

 Avec notre nouvelle génération, il est clair que demain on parlera de la photographie africaine.

Baudouin Mouanda, photographe congolais

Nontsikelelo Veleko

Une photographe sud-africaine née en 1977 à Johannesbourg. Elle offre une image qui me plaît beaucoup, celle de la créativité vestimentaire et de l’élégance . Les portraits d’individus pris dans la rue semblent être tirés de prestigieux magazines de mode, ce sont les “sapeurs”.

Photographie de Nontsikelelo Veleko

Photographie de Nontsikelelo Veleko

Photographie de Nontsikelelo Veleko

Baudouin Mouanda

Il est congolais, né à Brazzaville en 1981. Il photographie dans la rue et sur le vif lors de manifestations, par exemple, en photo-reporter. Il réalise lui aussi un travail sur les “sapeurs”, ces jeunes africains qui créent leur propre style vestimentaire souvent avec beaucoup de talent, sur les ravages de la guerre et photographie aussi les campagnes politiques.

Photographie de Baudouin Mouanda

Photographie de Baudouin Mouanda

Photographie de Baudouin Mouanda

Seydou Keita

Né en 1921, mort en 2001. Ce photographe malien s’est spécialisé dans le portrait d’individus ou de famille. Dans son atelier, les modèles choississait éventuellement un accessoire avec lequel il était photographié. Au delà de l’intérêt ethnographique, les photographies sont empruntes d’un regard très tendre pour les modèles.

Seydou Keita

Photographie de Seydou Keita

Photographie de Seydou Keita

L’Afrique, c’est l’enfer?

J’ai essayé dans cet article au titre provocateur (inspiré d’un paragraphe du guide Bradt sur le Bénin) de recouvrir quelques interrogations que tout voyageur en partance vers l’Afrique se posera à un moment ou à un autre de son voyage.

Tout d’abord, l’extrême pauvreté, le développement précaire des infrastrures et une certaine “insécurité”  des pays d’Afrique rebutent parfois les voyageurs qui hésitent devant l’image souvent très négative que nous envoient  les médias. Il faut bien avouer que lorsqu’on nous parle du Continent, c’est pour évoquer la guerre civile qui risque d’éclater, les révoltes militaires, telle dictature, la sécheresse, la famine, le sida, la corruption, l’avancée du désert, etc… Mais comme vous avez un peu de jugeotte, vous ne prendrez pas tout pour argent comptant et vous viendrez vérifier ce qu’on nous sert tous les soirs, au JT entre la soupe et le dessert. Bon nombre de couchsurfers interviewés sur les raisons de leur voyage au Burkina Faso répondent qu’il s’agissait pour eux de vérifier si tout ce qu’on dit sur l’Afrique est vrai, si tout est vraiment négatif. Du négatif, oui, il y en a, je vous laisse prendre la mesure des difficultés que rencontre l’Afrique pour sortir de la misère.

Quelques chiffres qui font mal

- 70 % des africains vivent avec moins de 2 $ par jour.

- 49 % vivent avec moins de 1$ en Afrique sub-saharienne

- 31 % de la population d’Afrique subsaharienne souffrait de malnutrition en 2005

- L’espérance de vie à la naissance est de 54 ans en Afrique.

- 14 000 personnes y meurent par jour à cause de l’extrême pauvreté (soins inaccessibles, …)

-  Les 5 pays ayant l’espérance de vie la plus faible (de 32 à 41 ans) en 2008 étaient tous africains

- 1 femme sur 19 en Afrique de l’Ouest risque de mourir en couches (en Europe 1 sur 9400)

- 40 % de la population d’Afrique subsaharienne est analphabète

Et derrière les chiffres?

Visiter l’Afrique, dans une toute petite mesure, c’est contribuer à son développement : beaucoup d’artisans, de guides, sans compter les employés de l’hôtellerie, vivent grâce au tourisme.

Et puis, en plus d’être une source de revenus pour un certain nombre d’africains, le tourisme permet de belles rencontres et la concrétisation de beaux projets. Ainsi, lors de votre voyage, vous serez, peut-être comme moi, étonné de voir combien de belles initiatives, le plus souvent sous forme d’associations, de parrainages voient le jour ici : une enfant parrainée par une touriste américaine qui envoie chaque année 30 euros à la famille pour assurer son éducation dans un village dogon, un symposium de sculptures à Bandiagara organisé et mis en oeuvre par une française sculpteur, “passionnée par le continent et l’art africain”, la création d’une école et d’un dispensaire, après le passage d’un groupe de touristes désireux de venir en aide à la population d’un village, près de Djenné…

Beaucoup de voyageurs ne reviennent pas “indemne” d’un voyage sur le continent et comme le veut ce proverbe africain, “si un jour vous quittez l’Afrique, l’Afrique, elle, ne vous quitte jamais”

Collaboration!

Je parle de la collaboration sympa, celle d’avec l’équipe de Bien-voyager, le blog très pratique et amusant de Piotr…

Vous pouvez y retrouver le premier article d’une rubrique que j’animerai sur le voyage au féminin!

http://www.bien-voyager.com/femmes-liberons-nous-voyageons-seules/

Bien voyager

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